12 septembre 2017

Introduction au management de projet à des élèves-ingénieurs 5° année

PROBLEMATIQUE

La relation au client n'est pas le fort de nos étudiants d'aujourd'hui... Ils semblent perdus devant un sponsor

La thèse que je compte développer : le sponsor-client est plus proche de nous que nous le pensons, à nous de le comprendre pour mieux le satisfaire.

Le fil rouge pour l'échange avec les étudiants : préparer la première rencontre avec le sponsor/commanditaire du projet (qui n'est qu'une initiative, au moment où nous parlons).

INTRODUCTION

Je demande des volontaires pour monter une pièce vocale à quatre voix mixtes devant l'amphi ce matin-même. L'objectif étant de se donner l'occasion de réfléchir à chaud sur cette problématique typiquement projet : comment réaliser de A à Z une tâche pas évidente avec des personnes qu'on n'a pas choisies ?

  • estimations du temps nécessaire ? Attention à la loi de Parkinson : "tout opérateur prend l'intégralité du temps qu'on lui donne".
  • engagement : nécessité d'un buffer = un coussin de temps.
  • pas de leader du groupe a priori : comment le groupe s'organise-t-il ?
  • absence d'experts, chacun réalise la tâche pour la première fois : comment gérer ?
  • quand est-ce que c'est fini ? qui dit que c'est fini ?
  • quid du résultat, finalement ?

Au final, quatre étudiants partent répéter pendant 20 mn et 5 mn de buffer. Puis ils reviennent chanter sous les applaudissements de tout l'amphi (120 personnes quand même). Ils ont du cran !

FACTEURS DE SUCCES D'UNE ENTREPRISE

Colle initiale : à votre avis, qu'est-ce qui a le plus d'influence sur le succès d'une entreprise ? Est-ce son environnement socio-économique, sont-ce ses processus de travail, ou encore ses experts ?

Dépouillement des 62 réponses des étudiants : Processus > Environnement > Experts

Pour ma part, ce serait plutôt : Environnement > Processus > Experts, comme si :

  1. Dans un environnement favorable, n'importe qui peut réussir, même en s'y prenant comme un manche. J'ai vu des piquets de bois prendre racine et se couvrir de feuilles dans le coin des Tropiques où je les avais plantés... à l'envers !
  2. Lorsque l'environnement se durcit, n'importe qui peut réussir moyennant de se doter de bons processus : réfléchir avant d'agir, etc. Les collaborateurs apprennent et ils réussissent. Ce ne sont pas encore des experts.
  3. C'est lorsque l'environnement est délétère, lorsque les processus sont arrivés au bout de ce qu'ils peuvent produire, que le recours aux experts fait la différence. Lesquels experts devraient proposer d'affûter les processus afin que les progrès nécessaires soient réalisés non par une poignée d'happy few mais par le plus grand nombre.

PREFERENCES COGNITIVES

Question VAKOG : êtes-vous Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif ou Gustatif (manque Tactile, certes).

  • Forte prévalence du Visuel dans l'amphi : 60 étudiants ont levé la main
    ****************************************
  • Kinesthésique arrive en second : 25 étudiants se sont reconnus
    *************
  • Auditif arrive bon dernier : 9 étudiants seulement
    *****
  • Olfactif et Gustatif non mesurés

PROJETS ET SPONSORS : QUELQUES REFLEXIONS

La notion de Projet. La notion de Business Initiative.

  • Atteindre un objectif business versus lancer un projet.

Question : qu’est-ce qui fait qu’un projet dérange ? Qui dérange-t-il ?

  • Un projet augmente l’incertitude de beaucoup de gens.
  • La notion d’Incertitude.
  • Notre job de chefs de projets consiste à réduire l'incertitude de chacun des acteurs. Une incertitude probablement différente pour chacun.

Question : c’est quoi, un sponsor ? Pourquoi en avons-nous besoin ?

Faut-il en faire plus qu’attendu pour son client ?

Bouquet final : Notre client sait-il ce qu’il veut ?

  • Pourquoi donne-t-il l’impression de le savoir (alors qu’il ne sait pas, clairement) ?
    Parce qu'il craint de perdre la face s'il avoue qu'il ne maîtrise pas la situation, alors même que le poste qu'il occupe suppose qu'il a la situation en main.
  • Que devons-nous lui soutirer comme information ?
    Oui, nous pouvons implémenter la solution que vous nous soumettez. En même temps, pourquoi cette solution ? (ou, plus souple : en implémentant cette solution, que voulez-vous changer ?)

CONCLUSION

Qu’est-ce que nous devrions faire lors de notre première rencontre avec notre client ?

  • Un Retour d’Expérience : ce que vous réussissez, ce que vous galérez à réaliser ; vos façons de faire à améliorer selon vous, celles dont vous êtes fier / fière.


23 mai 2015

Prendre l'initiative ? Pourquoi ferais-je une chose pareille ?

Lecteur - Prendre l'initiative ? Pourquoi ferais-je une chose pareille ? Je ne suis pas la bonne personne parce que...

  • je n'ai pas d'avenir dans la boîte
  • j'ai de l'avenir dans la boîte
  • je suis un subalterne
  • je suis un dirigeant
  • je suis un exécutant
  • je suis un décideur
  • je suis une femme
  • je suis un homme
  • je n'ai pas d'expertise
  • je suis un expert
  • je n'ai pas la santé
  • je suis en pleine forme
  • j'ai un Q.I. de poulpe
  • j'ai le Q.I. d'Einstein
  • etc.

J'entends bien. Cela dit, vous voyez bien que ça ne peut pas continuer comme ça, la situation ne convient pas, vous allez collectivement dans le mur. Il y a besoin de changer quelque chose à votre quotidien pour retrouver un avenir, de la visibilité. Si vous laissez faire, vous vous y perdrez vous-même et avec vous d'autres personnes, il vous faudra quitter l'environnement, le business, vous vendrez vos biens, vous déménagerez. Il faut changer quelque chose à votre quotidien, pour la survie du service, de l'unité d'affaires, de l'entreprise, et pour votre survie personnelle.

Lecteur - Certes, je suis OK pour sauver mon emploi, contribuer à sauver mon environnement du naufrage. Mais si je n'étais pas la bonne personne pour produire l'étincelle ? Attendons que quelqu'un réagisse, il sera toujours temps de suivre.

Rosa Parks non plus n'était pas la bonne personne. Seulement, après s'être dit : il faudrait que quelqu'un réagisse à l'injustice qui nous est faite ! elle a fini par apporter elle-même une réponse clé : puisque personne (de mieux qualifié, de plus légitime, etc.) ne réagit, il faut que ce soit moi, non ?

Lecteur - De toute façon, je ne pense pas pouvoir y arriver seul(e), il me faudra de l'aide pour les conversations à venir.

Eh bien, commençons par le début, utilisons l'approche décrite dans Quels biscuits avez-vous en poche ? et suivons les étapes une à une, chacun à son rythme.

Lecteur - Je suis OK pour prendre le lead, pour influencer les gens autour de moi, pour prendre l'initiative. Mais je ne veux pas rester isolé.

Au long de votre parcours, trouvez de l'aide sur place, suivi, coaching. Participez à un atelier, une formation, échangez vos retours d'expérience avec vos pairs au cours de la session. Enfin, pour l'option formation, organisez une session de renforcement, séparément ou conjointement aux sessions de coaching, car les calendriers des initiatives sont différents (initiative sur un mois, sur un trimestre, sur une année). Il ne s'agit plus que de commencer.

22 mai 2015

Sachant tout ce qu'il y a à savoir, comment s'y prendre ?

Comment s'y prendre pour faire réussir une idée, une initiative, un changement ou un projet quand on ne sait pas grand' chose

  • en sociologie,
  • en psychologie,
  • en organisation,
  • en business,
  • en comptabilité,
  • en qualité,
  • en management de projet,
  • en management de personnes,
  • en accompagnement,
  • en coaching,
  • en mentoring,
  • en gestion des conflits,
  • en gestion des crises,
  • en gestion des risques,
  • en influence,
  • en communication,
  • en négociation,
  • en synthèse,
  • en analyse,
  • en programmation,
  • en débogage,
  • en philosophie,
  • en cuisine,

oui, comment s'y prendre pour faire réussir une initiative ?

Eh bien,

  • en commençant par le commencement
  • en apprenant en marchant
  • en se faisant accompagner
  • en se faisant confiance

Commencez par le commencement. Couper le bois avant d'avoir fait le plan du meuble, ça ne fonctionne pas ; concevoir le plan du meuble puis couper le bois en fonction du plan, ça fonctionne. Construire le meuble avant de déterminer à qui et à quoi il va servir, ça ne fonctionne pas ; déterminer à quoi le meuble va servir avec ceux qui vont s'en servir, puis construire le meuble, ça fonctionne. Il y a des manières de procéder qui fonctionnent mieux que d'autres, et qui préconisent de faire les choses dans un certain ordre. Parmi les manières de procéder qui ont fait leurs preuves, Quels biscuits avez-vous en poche ? adopte celle du juste nécessaire pour réussir l'initiative.

Apprenez en marchant, vous recevrez de l'aide au juste moment et si vous n'en recevez pas, vous en demanderez et vous en trouverez. Les gens prêts à vous aider vous entourent et attendent que vous le leur demandiez.

Faites-vous accompagner, ayez un tiers de confiance à qui parler, sur qui vider votre sac, qui vous regonflera le moral. En tous cas, quelqu'un qui vous aide à y voir plus clair et à décider au mieux.

Faites-vous confiance, vous en savez plus que vous ne croyez. Vos compétences acquises dans un environnement, vous les transfèrerez dans celui de votre initiative.

 

Pascal Le Deley's Books and Publications Spotlight

Pascal LE DELEY, PMP®, fait aboutir initiatives et projets de 6 à 6000 jours.hommes. Il forme au management de projet des responsables d'initiatives et des collègues manageurs de projets. Il fait partie de la communauté des praticiens en management du changement certifiés par Prosci.

http://www.lulu.com

Il ne s'agit plus que de commencer.