Pourquoi un credo ? J'écris là ce que je crois : de mes croyances dérive l'approche concrète, orientée action et rencontre, à laquelle je vous convie, pas à pas dans ce blog. C'est un credo, pas une démonstration.

L'homme est bon. Faillé, certes, mais fondamentalement bon. Cf. mon référenciel judéo-chrétien et FAVI, fonderie dans la Somme, http://www.favi.fr/managf.php.

Le travail est source de fierté, de plaisir et de joie. A certaines conditions qu'il appartient à chacun de définir et de rechercher. Cf Richard Nelson BOLLES, What Color Is Your Parachute?

Nous allons "de commencement en commencement par des commencements qui n'ont jamais de fin". Cf. Saint Grégoire de Nysse, Commentaire du Cantique des Cantiques, versus aller d'accomplissements en accomplissements, comme parler, marcher, passer le bac. Avoir un enfant, c'est devenir maman ou papa, c'est commencer une nouvelle vie.

Choisir, c'est renoncer. Renoncer, c'est difficile. Donc choisir, c'est difficile. Pour tout le monde.

L'opérateur crée la valeur, c'est lui qui nous paie--et non "notre valeur c'est de diriger/contrôler/manager l'opérateur". Cf. FAVI.

Mon job, c'est de réduire l'incertitude de mes parties prenantes. Toute personne ou tout groupe de personne intéressé(e) de près ou de loin à mon activité ou à mes résultats, produits et services, positivement ou négativement, a ses incertitudes propres. A moi de me rapprocher de cette personne ou de ce groupe de personnes pour découvrir leurs incertitudes. Et participer à les réduire.

Mon job, c'est aussi de rendre heureux, au-delà de mon client, les clients de mon client. Mon client se tourne vers moi en vue d'être satisfait, certes, mais il sera fin heureux si ce que je lui offre a pour résultat que ses clients commandent plus et recommandent souvent.

Les gens ont de bonnes raisons d'agir comme ils agissent. Leur point de vue est particulier, incomplet, certes, comme le mien. Je ferais bien de me rapprocher d'eux pour partager leur point de vue avant de leur suggérer quoi que ce soit, pour les comprendre avant de me faire comprendre d'eux.

Chacun a des routines, chacun y tient et s'en trouve bien. Au cours de la crise des missiles de Cuba, Kennedy a reçu des corps d'armée la meilleure solution. L'US Air Force, un bombardement aérien. Les Marines, un débarquement. L'US Navy, un blocus naval. 

Nos routines ont de la valeur, parce qu'elles réduisent notre incertitude sur notre coeur de métier. Nous faisons comme ça parce que nous savons faire comme ça et que nous sommes bons à ça.

Le chef conduit le groupe par décisions pour le bien du groupe. Au cours de la crise des missiles de Cuba, Kennedy a choisi une solution entre les trois "meilleures". Avoir les idées claires et décider pour le bien de tous, c'est ce que le groupe, la planète lui demandaient. Cf. Graham Allison et Philip Zelikow, "Essence of Decision, Explaining the Cuban Missile Crisis".

La résistance au changement n'existe pas, l'intelligence des opérateurs, si. Lorsque j'ai routinisé mon travail, ça avait du sens dans le contexte de l'époque. Si le contexte change, la routine pourrait perdre son sens. Pas sûr. A vérifier. Changer mes routines si ça n'a pas de sens, c'est une insulte à l'intelligence.

J'agis avec une partie prenante en fonction de mes croyances à son sujet. Douglas Mac Gregor a théorisé sur le fait que, selon ce que croient les manageurs, leur comportement diffère. Un manageur croit que les managés sont paresseux, il adopte un comportement autoritaire et coercitif. Un manageur croit que les managés sont prêts à se consacrer au travail, il adopte un comportement bienveillant et participatif.

Corollaire : chacun agira conformément à l'attitude que j'attends de lui/d'elle. Exemple. En position de manageur, j'ai l'opinion que tel managé est paresseux, j'agis en manageur autoritaire et coercitif. Ce faisant, j'induis chez le managé un sentiment de crainte, un désir d'auto-protection et une attitude prudente. De plus, j'ai tendance à considèrer les faits qui confirment mon opinion mais à filtrer ceux qui l'infirment ; j'interprète alors l'attitude prudente du managé comme un manque de volonté de se mettre au travail. De la paresse. CQFD.

Il y a des prophéties autoréalisantes. "Je n'irai pas rencontrer tel client parce qu'il a une chance de ne pas me retenir", de fait le client retiendra un fournisseur parmi ceux qu'il aura rencontrés, il ne me retiendra pas. C'est autoréalisant. "J'irai rencontrer tel client parce que nous avons une chance d'échanger de la valeur, produit/service contre profit/présent assuré", le client est séduit par mon approche valeur/service, il me commande une prestation. C'est autoréalisant.

Chaque partie prenante est capable d'agir en adulte. A moi de l'y inviter. Cf. l'analyse transactionnelle. Je parle à X en parent, je l'invite à me répondre en enfant. Je parle à Y comme si j'étais un enfant, je l'invite à me répondre en tant que parent. Je m'adresse à Z en adulte, je l'invite à me répondre en adulte.

Chaque partie prenante est capable de définir ce qui a de la valeur à ses yeux. Moyennant qu'on l'aide si nécessaire, Cf. Bertrand de la BRETESCHE, La Méthode APTE.

Le client accorde un grand prix à un bien ou un service d'une grande valeur à ses yeux. Illustration. En juin 2013, j'ai acheté 30 euros une cheminée d'allumage de barbecue qui en vaut 10 aux yeux de mon voisin, mais celle-ci est typiquement le juste nécessaire à mes yeux. 2 pièces d'inox symétriques et embouties, incapables de pannes, insensibles aux dégradations, opérationnelles comme au premier jour pour les petits-enfants de mes petits-enfants. Je l'aurais achetée 40 euros, j'en serais encore content.

Ce qui est au-delà du juste-nécessaire-qui-apporte-de-la-valeur est source de pannes, d'incertitude et d'insatisfaction, ce sera toujours trop cher aux yeux du client. Peine perdue que de le lui fournir. Mieux vaut un frein à main à câble qui est inerte en énergie une fois monté et dont la panne prévient, qu'un frein à main électrique qui consomme de l'énergie à l'utilisation et dont la panne ne prévient pas. L'électrification du frein à main sera toujours trop chère pour le client qui expérimente la panne.

Nous avons tout ici et maintenant, tout pour notre bonheur. S'il en est ainsi--je répète, c'est un article de foi, je n'apporte pas de démonstration--, comment se fait-il que je ne sois pas heureux ? Peut-être que je définis mon bonheur comme quelque chose différente de ce que j'expérimente ici et maintenant. Et qu'ainsi faisant je ne reconnais pas mon bonheur quand je l'ai. Exemple, mon jeune permis de fils définit son bonheur comme une Peugeot 205 GTI mais conduit la 307 XSI de sa mère dont le carburant et l'assurance lui sont offerts. Pour l'histoire, ne reconnaissant pas cette présente sportive comme un bonheur automobile possible et suffisant pour lui, il n'en prend pas soin et la casse sur la route. Du coup, il n'a pas la 205 et il n'a plus la 307.

Passé un certain stade, pour aller plus loin, il me faut alléger mon sac, non le charger de quelque chose de plus. Expérience vécue.

Faire avec vaut mieux que faire pour. Le résultat est parfois moins beau, il est toujours plus partagé, c'est ce qui compte.

Si mon collègue pense que je punirai l’erreur, il taira l’erreur et nous n’en apprendrons rien. Pire, l’erreur se reproduira. Plus généralement, je dis aux gens ce que je pense qu’ils peuvent entendre. Les gens me disent ce qu’ils pensent que je peux entendre. Corollaire : je tais ce que je pense qu’ils ne peuvent pas entendre, et réciproquement. Si je n’entends pas parler de problèmes, ce n’est pas qu’il n’y a pas de problèmes, c’est que les gens pensent que je ne peux pas les entendre. Les problèmes existent, mais ils sont tus. Sont-ils résolus pour autant ? L’écoute précède la parole.  

Réussir ensemble et copier ce qui marche, le monde tel qu'il est. Travailler seul et par soi-même, l'école. Jusqu'à mes 25 ans, on m'a demandé de travailler seul et par moi-même. Dès mes premiers pas dans le monde réel, on m'a fait comprendre qu'il me fallait faire tout autrement.

8 fois sur 10, les mésententes sont dues à des préférences cognitives différentes. Faites un schéma au visuel, donnez des détails à l'auditif, faites visiter l'atelier au kinesthésique : ils seront avec vous. Je suis visuel, un collègue auditif me somme de prendre une décision sur la base de détails, je me sens mal. Cf. les travaux d'Antoine de la Garanderie.

Être orienté résultat, ça aide à agir. Être orienté activité, ça aide à s'occuper. Dans mon passé en sociétés de services, j'ai maintes fois entendu que nous "cherchions de l'activité".

Agir, c'est se donner une chance de cueillir des fruits inattendus et de surmonter des obstacles réels. S'occuper, c'est se donner le devoir de se contenter des fruits déjà cueillis et de craindre des obstacles hypothétiques. Cela dit, avancer en marchant entrainera, c'est sûr, des erreurs. Cela suppose que l'environnement renonce à pénaliser les erreurs et, au contraire, encourage le retour d'expérience.

Celui qui fait, c'est lui qui sait. Wer macht hat Macht, disent nos amis allemands.

Ce qui fonctionne, c'est ce qui est livré. Ce qui reste en développement ne produit pas. Obtenir le résultat visé suppose qu'on livre le produit et qu'il vive sa vie. Mieux vaut un produit imparfait disponible qu'un produit parfait indisponible.