01 octobre 2017

Pourquoi former des chefs de projet est (souvent) si inefficace ?

Parfois, former des collaborateurs au management de projet ne change rien. Les apprenants comprennent que le management de projet, c'est du Gros Bon Sens. Seulement, leurs manageurs, eux, n'ont pas été formés à leur rôle spécifique dans le projet et, c'est naturel, ils freinent. Au retour de la formation, les apprenants retrouvent la situation comme ils l'avaient laissée, avant la formation.

Cela produit :

  • des chefs de projet de plus en plus forts en tableurs et en diagrammes de Gantt,
  • des décisions qu'on n'arrive pas à prendre, parce que les protagonistes ne se laissent pas atteindre,
  • un projet qui n'avance pas mieux, hélas.

Le Modèle ADKAR® est pertinent à utiliser dans ce cas, pour comprendre ce qui se passe, et aussi pour créer une adhésion des acteurs concernés à la nouvelle façon de procéder dans l'organisation.

Pour continuer la lecture, rendez-vous sur cet article dans ce site tout nouveau consacré au juste nécessaire dans le management d'une initiative et d'un projet.


12 septembre 2017

Introduction au management de projet à des élèves-ingénieurs 5° année

PROBLEMATIQUE

La relation au client n'est pas le fort de nos étudiants d'aujourd'hui... Ils semblent perdus devant un sponsor

La thèse que je compte développer : le sponsor-client est plus proche de nous que nous le pensons, à nous de le comprendre pour mieux le satisfaire.

Le fil rouge pour l'échange avec les étudiants : préparer la première rencontre avec le sponsor/commanditaire du projet (qui n'est qu'une initiative, au moment où nous parlons).

INTRODUCTION

Je demande des volontaires pour monter une pièce vocale à quatre voix mixtes devant l'amphi ce matin-même. L'objectif étant de se donner l'occasion de réfléchir à chaud sur cette problématique typiquement projet : comment réaliser de A à Z une tâche pas évidente avec des personnes qu'on n'a pas choisies ?

  • estimations du temps nécessaire ? Attention à la loi de Parkinson : "tout opérateur prend l'intégralité du temps qu'on lui donne".
  • engagement : nécessité d'un buffer = un coussin de temps.
  • pas de leader du groupe a priori : comment le groupe s'organise-t-il ?
  • absence d'experts, chacun réalise la tâche pour la première fois : comment gérer ?
  • quand est-ce que c'est fini ? qui dit que c'est fini ?
  • quid du résultat, finalement ?

Au final, quatre étudiants partent répéter pendant 20 mn et 5 mn de buffer. Puis ils reviennent chanter sous les applaudissements de tout l'amphi (120 personnes quand même). Ils ont du cran !

FACTEURS DE SUCCES D'UNE ENTREPRISE

Colle initiale : à votre avis, qu'est-ce qui a le plus d'influence sur le succès d'une entreprise ? Est-ce son environnement socio-économique, sont-ce ses processus de travail, ou encore ses experts ?

Dépouillement des 62 réponses des étudiants : Processus > Environnement > Experts

Pour ma part, ce serait plutôt : Environnement > Processus > Experts, comme si :

  1. Dans un environnement favorable, n'importe qui peut réussir, même en s'y prenant comme un manche. J'ai vu des piquets de bois prendre racine et se couvrir de feuilles dans le coin des Tropiques où je les avais plantés... à l'envers !
  2. Lorsque l'environnement se durcit, n'importe qui peut réussir moyennant de se doter de bons processus : réfléchir avant d'agir, etc. Les collaborateurs apprennent et ils réussissent. Ce ne sont pas encore des experts.
  3. C'est lorsque l'environnement est délétère, lorsque les processus sont arrivés au bout de ce qu'ils peuvent produire, que le recours aux experts fait la différence. Lesquels experts devraient proposer d'affûter les processus afin que les progrès nécessaires soient réalisés non par une poignée d'happy few mais par le plus grand nombre.

PREFERENCES COGNITIVES

Question VAKOG : êtes-vous Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif ou Gustatif (manque Tactile, certes).

  • Forte prévalence du Visuel dans l'amphi : 60 étudiants ont levé la main
    ****************************************
  • Kinesthésique arrive en second : 25 étudiants se sont reconnus
    *************
  • Auditif arrive bon dernier : 9 étudiants seulement
    *****
  • Olfactif et Gustatif non mesurés

PROJETS ET SPONSORS : QUELQUES REFLEXIONS

La notion de Projet. La notion de Business Initiative.

  • Atteindre un objectif business versus lancer un projet.

Question : qu’est-ce qui fait qu’un projet dérange ? Qui dérange-t-il ?

  • Un projet augmente l’incertitude de beaucoup de gens.
  • La notion d’Incertitude.
  • Notre job de chefs de projets consiste à réduire l'incertitude de chacun des acteurs. Une incertitude probablement différente pour chacun.

Question : c’est quoi, un sponsor ? Pourquoi en avons-nous besoin ?

Faut-il en faire plus qu’attendu pour son client ?

Bouquet final : Notre client sait-il ce qu’il veut ?

  • Pourquoi donne-t-il l’impression de le savoir (alors qu’il ne sait pas, clairement) ?
    Parce qu'il craint de perdre la face s'il avoue qu'il ne maîtrise pas la situation, alors même que le poste qu'il occupe suppose qu'il a la situation en main.
  • Que devons-nous lui soutirer comme information ?
    Oui, nous pouvons implémenter la solution que vous nous soumettez. En même temps, pourquoi cette solution ? (ou, plus souple : en implémentant cette solution, que voulez-vous changer ?)

CONCLUSION

Qu’est-ce que nous devrions faire lors de notre première rencontre avec notre client ?

  • Un Retour d’Expérience : ce que vous réussissez, ce que vous galérez à réaliser ; vos façons de faire à améliorer selon vous, celles dont vous êtes fier / fière.

02 octobre 2013

Rencontrons les parties prenantes de notre environnement car elles ont une histoire

Notre environnement a une histoire.

Une initiative provoque un changement. Avant de changer quoi que ce soit, commencez par considérer où vous êtes, votre environnement. Dans votre environnement, il y a un passé, il y a des résultats et des manières de faire, il y a ce dont les gens sont fiers et il y a ce qu’ils pourraient mieux faire. Notez tout cela.

Pourquoi évaluer le contexte de travail où naît votre initiative ? Parce qu’en décrivant la situation initiale, vous saurez montrer quelle différence l’initiative aura faite à la fin, quelle valeur elle aura produite à la fin. Le consommateur, l’utilisateur, l’acheteur, en comparant la situation de la fin à celle du début, savoureront d’autant plus les fruits de l’initiative, la solution du problème, les bénéfices de l’opportunité au quotidien.

Exercez-vous - Décrivez résultats et manières de faire dans le tableau ci-après, en considérant votre environnement tel qu’il est aujourd’hui.

  • Les résultats qui ne nous satisfont pas et que nous devrions améliorer
  • Les résultats qui nous satisfont et qu’il convient de rendre permanents
  • Les manières de faire qui ne fonctionnent pas et que nous devrions améliorer
  • Les manières de faire qui fonctionnent et qu’il convient de rendre permanentes

Idéalement, animez ce retour d’expérience en groupe, avec des personnes qui vous semblent concernées par l’initiative ou le projet à venir. Ces personnes intéressées de près ou de loin, positivement ou négativement, à l’initiative ou aux résultats de l’initiative, nous les nommerons « parties prenantes ». Reprenez les organigrammes que vous avez dessinés précédemment, repérez les parties prenantes et invitez-les à faire un retour d’expérience. Commencez par une approche informelle, comme un habile commencement.

« Celui qui fait, c’est lui qui sait ». Donc, si dans cette initiative vous n’êtes pas de ceux qui font et qui savent, vous agissez en délégation de ceux qui font et qui savent. Ecoutez-les, comprenez-les.

Poursuivez l’exercice - Les rencontres ont clarifié et enrichi vos perceptions : décrivez collectivement l’initiative qui vous paraît pertinente. Certes, pour une initiative donnée, toutes les rubriques du descriptif ne sont pas nécessairement clarifiées le même jour : s’il manque des informations, vous y reviendrez ultérieurement.

01 octobre 2013

Rencontrons les collaborateurs experts de leur travail quotidien

Reprenons. Qu'est-ce qui motive quelqu'un doté de pouvoir à dédier des ressources afin de réussir une initiative à laquelle il/elle est intéressé(e) personnellement ? Quel intérêt personnel, justement ? Pour le découvrir, direction les opérateurs, les collaborateurs de base, qui créent la valeur sur laquelle l'entreprise fonde sa bonne santé commerciale.

Les opérateurs de base savent. Ils détiennent l'information utile. Ils savent ce qu'ils font, ils méditent sur la valeur qu'ils apportent et celle qu'ils voudraient apporter. Ils souffrent de ce qu'ils font en trop - de ce que personne ne valorise. Certains s'en accommodent, ça leur fait un matelas d'activité quotidienne. Il y aura du travail demain. D'autres rongent leur frein, ils veulent que ça change. 

Vers qui se tourner ensuite ? Vers les personnes qui ont été citées dans les rencontres précédentes.