J'ai rencontré Estelle P., conceptrice de pneus de sport chez Michelin, elle participait à la formation au management de projet que j'animais ce jour-là. J'ai été touché par son témoignage lorsque nous avons abordé la gestion des risques. Le voici : 

Nous avons travaillé sur le projet, établi des scénarii, tout ça.

Puis nous nous sommes dits : ne faudrait-il pas faire une analyse des risques pour valider nos résultats ?

J'ai convoqué 20 personnes de toutes sortes, je les ai mises dans une salle pendant une demi-journée.

Je leur ai expliqué ce que j'avais débroussaillé avec les autres, et au fur et à mesure de mon exposé, ils évoquaient les risques qui leur venaient à l'esprit.

Eh bien, nous avons mis le doigt sur le risque le plus important de tous, le fait que, dans l'environnement urbain de XXX, avec les revêtements, les usures de l'asphalte, les débris et les dépôts de la circulation urbaine, une pluie rende la route-piste si glissante que notre pneu manquerait de grip, que la voiture dérape dans la foule et fasse un massacre. Risque d'occurrence importante et d'impact catastrophique !

Heureusement que nous avons fait cette analyse de risques ! A partir de ce risque-là, nous avons repris tout notre travail, nous avons redéfini les procédés et les étapes, les validations et nous projet a été entièrement revu, et finalement s'est bien passé, ce fut un succès.

C'est un cas d'école ! Il faudrait que chaque chef de projet fasse l'analyse des risques au plus tôt dans son projet.